Chaque semaine, j’entends la même phrase chez les artisans que je rencontre : « J’ai ma fiche Google, ça suffit, les clients me trouvent. » Sur le fond, ils n’ont pas tort. La fiche Google Business Profile est souvent la première chose qu’un prospect voit quand il tape « plombier » ou « électricien » suivi du nom de sa ville. Elle affiche les avis, le téléphone, l’itinéraire. Pour beaucoup de petites entreprises, c’est elle qui fait sonner le téléphone.
Le problème, c’est ce qui se passe juste après. Le prospect hésite entre trois fiches qui ont toutes 4,7 étoiles. Il clique sur « Site web » pour se faire une idée. Et là, soit il tombe sur une page qui répond à ses questions, soit il tombe sur rien du tout, ou sur une page Facebook qui n’a pas bougé depuis 2022.
La fiche attire, le site décide
Une fiche Google est un format fermé. Vous avez 750 caractères de description, des catégories imposées, des photos, des posts qui disparaissent au bout de quelques semaines. Impossible d’y expliquer comment vous travaillez, ce que comprend un devis, combien de temps dure un chantier type, quelles communes vous couvrez vraiment.
Le site, lui, peut tout dire. Et c’est là que se joue la comparaison entre deux entreprises aussi bien notées l’une que l’autre. Dans les chiffres de Search Console que je suis pour mes clients, le schéma revient souvent : la fiche apporte l’impression, le site apporte le contact. Quand le site est absent ou pauvre, la fiche fait le travail d’attirer le regard pour rien.
Google croise les deux sources
Il y a aussi un aspect plus technique. Pour classer une entreprise dans le pack local (les trois résultats sous la carte), Google s’appuie sur la pertinence, la distance et la notoriété. La pertinence ne vient pas que de la fiche. Google lit aussi le site lié, vérifie que le nom, l’adresse et le téléphone sont les mêmes partout, regarde si les services cités sur la fiche sont décrits quelque part en détail.
Une fiche qui annonce « rénovation de salle de bain » alors que le site ne parle que de dépannage envoie un signal flou. À l’inverse, une page dédiée qui décrit la prestation, montre des réalisations et cite les communes concernées renforce la fiche. Les deux se répondent.
Ce que je conseille de mettre sur le site en priorité
Pas besoin d’un site de quarante pages pour commencer. Pour une entreprise qui travaille sur un secteur précis, je commence presque toujours par ces éléments :
- une page d’accueil qui dit en une phrase ce que vous faites et où ;
- une page par grand service, avec des photos de vrais chantiers ;
- une page locale pour la ville où vous êtes installé, qui parle des quartiers, des délais, des contraintes du coin ;
- les coordonnées identiques à celles de la fiche, au caractère près ;
- un formulaire de contact court, qui marche sur téléphone.
La page locale est souvent la plus négligée. Pourtant, c’est elle qui répond à la requête « création de site web à Fos-sur-Mer » ou « peintre Martigues ». Pour vous donner un exemple concret, voici la page que j’ai construite pour mon propre secteur : création de site web à Fos-sur-Mer. Elle parle du golfe de Fos, des communes voisines, du type d’entreprises qu’on y trouve. Rien de générique.
Les erreurs qui cassent le lien entre fiche et site
La plus fréquente est bête : le lien « Site web » de la fiche pointe vers une ancienne adresse, une page d’erreur ou un réseau social. J’en vois toutes les semaines. Vient ensuite l’incohérence de numéro de téléphone (un fixe sur la fiche, un portable sur le site) ou d’adresse (une rue sur l’un, juste la ville sur l’autre).
Autre erreur courante, le site trop lent sur mobile. La personne qui clique depuis la fiche est presque toujours sur son téléphone, souvent dans sa voiture ou sur un chantier. Si la page met six secondes à s’afficher, elle revient en arrière et appelle le concurrent suivant. Un test sur PageSpeed Insights prend deux minutes et donne déjà une bonne idée du problème.
Dernier point, les avis. Beaucoup d’artisans ont d’excellents avis sur leur fiche et n’en parlent jamais sur leur site. Reprendre deux ou trois avis réels, avec le prénom du client et la commune, rassure le visiteur qui arrive depuis la fiche. Il retrouve ce qu’il vient de lire, ce qui confirme qu’il est au bon endroit.
Et les moteurs de réponse par IA ?
La question revient de plus en plus. Quand quelqu’un demande à ChatGPT ou à Perplexity « un bon menuisier près d’Istres », l’outil va chercher des sources lisibles : des pages claires, des informations structurées, des avis. Une fiche Google seule ne suffit pas à nourrir ces réponses. Un site qui décrit précisément l’activité, la zone et la méthode a plus de matière à offrir. Je ne promets à personne d’être cité, personne ne peut le promettre, mais un site pauvre part clairement avec un handicap.
En pratique
Si vous n’avez qu’une heure cette semaine, vérifiez le lien de votre fiche, alignez vos coordonnées et relisez votre page d’accueil sur votre téléphone. Si vous avez une journée, écrivez une vraie page pour votre ville. C’est le travail que je fais au quotidien chez DZIGNWEB avec des artisans et des TPE de la région, et c’est rarement la partie la plus spectaculaire du référencement local. C’est pourtant celle qui transforme une fiche bien notée en demandes de devis.